MSHAdvisory

Systèmes éducatifs

Examens IB et Cambridge sur écran : ce qui change pour votre enfant

MSH Advisory10 min de lecture

Vous avez sans doute vu passer l'information, en réunion de parents ou dans une lettre de l'école : les examens de l'IB et de Cambridge « passent au numérique ». Et derrière l'annonce, une inquiétude légitime : est-ce que mon enfant est prêt pour ça ? est-ce que ça va compliquer une année déjà chargée ?

Restez serein : ce changement est réel, mais il est progressif, encadré, et surtout moins bouleversant qu'il n'y paraît. Ce qui bascule à l'écran, c'est la manière de passer l'épreuve — pas ce qu'on y évalue. Voyons donc, sans jargon, ce qui se passe exactement chez les deux organismes, ce qui change concrètement pour votre enfant, ce qui ne change pas, et les quelques questions précises à poser à l'école pour aborder l'échéance l'esprit tranquille.

Que se passe-t-il, au juste ?

Deux des grands cursus internationaux présents en Suisse font évoluer leurs examens vers l'écran, chacun à son rythme.

Du côté de l'IB (Baccalauréat International), des examens numériques sont introduits pour le Diplôme (DP) et le Programme à orientation professionnelle (CP) à partir de la session 2026, d'abord sur un petit nombre de matières. C'est la première étape d'un projet pluriannuel par phases : le papier et l'écran coexistent, et chaque école continue de passer les épreuves sur papier jusqu'à ce qu'elle soit prête à basculer. Les épreuves se passent sur ordinateur (portable ou fixe) au sein de l'école, et, au départ, elles reprennent le format des épreuves papier pour garantir l'équité et la comparabilité.

Du côté de Cambridge International (les IGCSE et les AS & A Level), les premiers examens numériques arrivent à la session de juin 2026, via un programme d'écoles « early adopters ». La première vague concerne cinq IGCSE — comptabilité, biologie, chimie, économie et physique — et l'AS Level English General Paper. Un déploiement progressif s'ouvre ensuite à partir de 2027, matière par matière et région par région, avec l'objectif affiché de rendre la grande majorité des matières disponibles à la fois sur écran et sur papier au début des années 2030.

Deux points à retenir de ce tableau : la transition est étalée dans le temps, et elle laisse, pour l'instant, le papier et l'écran coexister. Personne ne bascule tout, tout de suite.

Ce qui change concrètement pour votre enfant

Pour un élève, l'examen sur écran modifie surtout des gestes, pas des savoirs. Trois changements comptent vraiment.

Lire à l'écran. Textes, documents, données, énoncés : une partie de la lecture se fait désormais sur un écran plutôt que sur papier. Cela demande une autre endurance et d'autres réflexes — faire défiler, revenir en arrière, repérer l'information sans surligner au stylo. C'est une compétence qui se travaille.

Saisir au clavier. Selon les matières, une partie des réponses se tape plutôt qu'elle ne s'écrit à la main. L'aisance au clavier — vitesse, précision, mise en forme simple — devient une vraie compétence d'examen. Un élève lent au clavier peut perdre un temps précieux, indépendamment de sa maîtrise de la matière.

Naviguer dans une plateforme. L'épreuve se déroule dans un logiciel dédié : passer d'une question à l'autre, marquer une question pour y revenir, suivre le temps restant, utiliser les outils prévus. Rien d'insurmontable — mais mieux vaut avoir manipulé l'interface avant le jour J, pas pendant.

Une nuance utile, matière par matière : certaines réponses restent particulières à l'écran — un schéma, un graphique, une formule. La manière dont chaque plateforme traite ces réponses varie selon la matière ; c'est précisément le genre de détail à vérifier auprès de l'école.

Ce qui ne change pas

Voici le message rassurant, et il est important : le programme, les attendus et le niveau ne changent pas. On évalue les mêmes connaissances et les mêmes compétences qu'avant. Au début de la transition, les organismes conçoivent d'ailleurs les épreuves numériques pour qu'elles restent comparables aux épreuves papier — un examen sur écran n'est ni plus facile ni plus difficile, il est simplement passé autrement.

Autrement dit, l'essentiel de la préparation de votre enfant reste la maîtrise de la matière. Le passage à l'écran ajoute une couche de familiarité technique à acquérir, pas une nouvelle montagne académique. Pour situer les grands cursus les uns par rapport aux autres — Maturité suisse, IB, A-levels — notre comparatif Maturité suisse, IB ou A-levels : quel cursus ? reste le bon point de départ ; le support de l'examen ne modifie pas cette réflexion de fond.

Papier ou écran : votre enfant a-t-il le choix ?

C'est la question que posent la plupart des familles, et la réponse honnête est : cela dépend. De trois choses, précisément.

De la matière, d'abord : toutes ne basculent pas en même temps. De la session : le calendrier s'étale sur plusieurs années. Et de l'école : c'est elle qui décide quand elle est prête, en fonction de ses équipements et de sa préparation. Votre enfant peut donc très bien passer une épreuve sur écran et une autre sur papier la même année, ou tout sur papier si son établissement n'a pas encore franchi le pas.

La conséquence pratique est simple : ne vous fiez pas à une règle générale trouvée en ligne. La seule information qui vaut pour votre enfant est celle de son école, matière par matière et pour sa session précise. C'est le premier appel à passer dès que la question se pose.

Comment l'aider à se préparer

Bonne nouvelle : cette préparation-là est concrète, et elle se fait sans dramatiser.

  • Demandez les épreuves spécimens numériques. L'IB et Cambridge en mettent à disposition des écoles, justement pour que les élèves se familiarisent avec le format à l'avance. Assurez-vous que votre enfant pourra s'entraîner dans les conditions réelles, sur la plateforme concernée.
  • Faites travailler la frappe au clavier, sous contrainte de temps. Quelques semaines de pratique régulière suffisent souvent à transformer un point faible en réflexe.
  • Entraînez la lecture à l'écran de longs textes : repérer l'essentiel, annoter avec les outils du logiciel, ne pas se perdre dans le défilement.
  • Faites-lui prendre en main l'interface — marquer une question, gérer le minuteur — pour que le jour de l'examen, toute son attention aille à la matière, pas au logiciel.
  • Gardez le cap sur le fond. Le support est secondaire : l'essentiel reste de maîtriser le programme.

Les questions à poser à l'école

À emporter dans votre prochain échange avec l'établissement. Des questions fermées, auxquelles une école qui maîtrise son sujet répond sans détour.

  • Quelles épreuves de mon enfant seront sur écran cette session, matière par matière ?
  • L'école a-t-elle déjà basculé sur certaines matières ? Lesquelles, et depuis quand ?
  • Sur quel matériel l'épreuve se passe-t-elle (ordinateurs de l'école ?), et quel est le plan B en cas de panne ou de coupure ?
  • Mon enfant pourra-t-il s'entraîner sur des épreuves spécimens numériques avant l'examen ?
  • Comment les aménagements (temps supplémentaire, adaptations) fonctionnent-ils sur écran ?

La qualité des réponses vous renseignera autant que leur contenu : une école prête vous répondra avec précision et sérénité.

Et ensuite ?

Le passage à l'écran est une évolution de fond des grands cursus internationaux — mais, pour votre enfant, elle se gère très bien pourvu qu'on l'anticipe. Le fond ne bouge pas ; c'est le geste d'examen qui s'adapte. Posez les bonnes questions à l'école, laissez à votre enfant le temps de se familiariser avec la plateforme, et l'échéance retrouve sa juste taille.

Si vous hésitez sur le cursus lui-même, ou sur l'école la mieux préparée à cette transition, c'est exactement le type de décision que nous accompagnons. Vous pouvez parcourir notre sélection d'écoles, ou nous en parler directement.

Questions fréquentes

Les examens de l'IB et de Cambridge passent-ils vraiment sur écran ?

Oui, mais progressivement. L'IB introduit des examens numériques pour le Diplôme (DP) et le Programme à orientation professionnelle (CP) à partir de la session 2026, sur un petit nombre de matières d'abord, dans le cadre d'un projet pluriannuel par phases. Cambridge International lance ses premiers examens numériques à la session de juin 2026, sur une sélection de matières, avant un déploiement élargi. Dans les deux cas, le papier et l'écran coexistent pendant la transition.

À partir de quand, et pour quelles matières ?

Pour l'IB : dès 2026 sur un petit nombre de matières, puis un élargissement par phases. Pour Cambridge : à la session de juin 2026, cinq IGCSE (comptabilité, biologie, chimie, économie, physique) et l'AS Level English General Paper, puis un déploiement progressif par matière et par région à partir de 2027. Le calendrier exact dépend de la matière, de la région et de l'école : vérifiez-le auprès de l'établissement de votre enfant.

Mon enfant sera-t-il obligé de passer ses examens sur écran ?

Pas nécessairement, et pas partout en même temps. La bascule est progressive et dépend de la matière, de la session et du choix de l'école, qui décide quand elle est prête. Votre enfant peut passer certaines épreuves sur écran et d'autres sur papier, ou l'ensemble sur papier si son école n'a pas encore basculé. Demandez à l'école, matière par matière, quel format s'applique à sa session.

Qu'est-ce qui change concrètement pour l'élève ?

Le support, plus que le fond. L'élève lit les textes à l'écran, saisit une partie de ses réponses au clavier, et navigue dans une plateforme d'examen. L'aisance au clavier et la lecture à l'écran deviennent des compétences d'examen. Au départ, les épreuves numériques reprennent le format des épreuves papier, pour garantir l'équité.

Le niveau ou le programme change-t-il aussi ?

Non. C'est le support qui change, pas ce qui est évalué. Le programme, les attendus et le niveau restent les mêmes ; au début de la transition, les épreuves sur écran sont conçues pour rester comparables aux épreuves papier.

Comment aider mon enfant à s'y préparer ?

En le familiarisant avec le format à l'avance : épreuves spécimens numériques (via l'école), pratique de la frappe au clavier sous contrainte de temps, lecture de longs textes à l'écran, prise en main des outils de la plateforme. Le fond ne change pas : l'essentiel reste la maîtrise de la matière.

Sources officielles

  • International Baccalaureate — Digital examinations for the DP and CP : ibo.org — consulté le 13 septembre 2026. Introduction d'examens numériques pour le DP et le CP à partir de 2026, sur un petit nombre de matières, dans le cadre d'un projet pluriannuel ; coexistence papier/écran ; épreuves spécimens disponibles pour les écoles.
  • Cambridge International — Digital examinations to launch in June 2026 : cambridgeinternational.org — consulté le 13 septembre 2026. Lancement des examens numériques en juin 2026 (programme « early adopters »), puis déploiement progressif.
  • Cambridge International — Disponibilité des examens numériques : cambridgeinternational.org — calendrier des matières et des sessions par qualification (à consulter pour le détail à jour).

Le calendrier précis (matières, sessions, régions) évolue et dépend de chaque école : les informations ci-dessus donnent la direction générale, mais la référence pour votre enfant reste son établissement.

Articles liés