Tu as monté ton dossier, écrit ta lettre de motivation, et voilà la dernière étape : l'entretien d'admission. Pour beaucoup, c'est aussi la plus impressionnante — on se retrouve en direct face à quelqu'un de l'école, sans filet. Si l'idée te noue un peu le ventre, c'est normal : on a presque tous ressenti ce trac avant un premier oral. Bonne nouvelle : un entretien, ça se prépare, et c'est même la partie sur laquelle tu as le plus de prise.
Vois l'entretien pour ce qu'il est vraiment : une occasion. C'est le moment où ton dossier prend un visage, une voix, un sourire. On va voir ensemble ce qu'est cet entretien et ce que l'école y cherche, comment t'y préparer en amont, comment gérer les deux premières minutes et le déroulé, et enfin on te donnera les 5 conseils pratiques à retenir.
(Tu prépares ta candidature de zéro ? Commence par préparer ton admission en école secondaire, qui replace l'entretien dans l'ensemble.)
L'entretien d'admission, c'est quoi au juste ?
L'entretien d'admission est un échange entre toi et une ou deux personnes de l'école — parfois un enseignant, parfois un responsable des admissions. Son but n'est pas de te piéger, mais de te connaître au-delà de ce qui est écrit. L'école cherche surtout trois choses :
- Ta motivation : pourquoi tu veux entrer dans cette école-là, et pas une autre.
- Ton projet : ce que tu as envie d'y apprendre, de vivre, de progresser.
- Qui tu es : ta façon de réfléchir, ta curiosité, ta manière d'être avec les autres.
Autrement dit, c'est une opportunité unique de te présenter en vrai. Vois l'exercice comme un échange à double sens : l'école apprend à te connaître, et toi, tu poses tes premières impressions sur un lieu qui pourrait devenir le tien.
En présentiel ou en ligne ?
Tous les entretiens ne se ressemblent pas. Certains se déroulent sur place, d'autres en ligne (par visioconférence). Et l'organisation change pas mal de l'un à l'autre. Pour un entretien en ligne, vérifie ta connexion internet à l'avance, installe l'outil demandé (Teams, Google Meet…) bien avant l'heure, et prévois un plan B — par exemple un téléphone capable de prendre le relais. Choisis un endroit calme et bien rangé, avec un arrière-plan neutre. Pour un entretien sur place, l'idée est plutôt d'anticiper le trajet et de ne pas arriver à la dernière minute.
Bien « faire ses devoirs » avant l'entretien
L'idée centrale de ta préparation : garder un cap clair, l'école que tu vises. Chaque chose que tu diras doit, d'une manière ou d'une autre, tourner autour de « pourquoi toi et cette école, ça colle ». Pour y arriver, trois repères.
1. Connaître l'école (ton objectif)
Renseigne-toi sur ce qui rend l'école unique : ses matières fortes, ses valeurs, son sport, sa vie d'internat, ses clubs. Pas besoin de tout apprendre par cœur — ce serait même une perte de temps. En revanche, savoir dire en une ou deux phrases pourquoi elle te plaît rassure tout de suite ceux qui te reçoivent.
2. Relire ton dossier et ta lettre
Ton dossier de candidature et ta lettre de motivation sont la base de ton entretien. Il y a de fortes chances que les questions partent de là. Relis-les la veille : ça rafraîchit ta mémoire et ça t'évite de te contredire. Les exemples que tu y as choisis sont déjà tes meilleurs arguments — autant les avoir bien en tête.
3. Clarifier ton projet
Qu'est-ce que tu as envie de vivre dans cette école ? De progresser en sport, de découvrir un instrument, de plonger dans les sciences, de te faire des amis du monde entier ? Plus ton envie est claire dans ta tête, plus elle sonnera juste à l'oral. Et si une question s'éloigne un peu, tu sauras toujours y revenir.
Préparer ta présentation (ton « pitch » d'intro)
Savoir se présenter, c'est presque un art — et la première impression compte beaucoup pour la suite. Souvent, l'entretien commence par : « Présente-toi. » Prépare donc une courte présentation d'une à deux minutes : qui tu es, ce que tu aimes faire, pourquoi cette école. Inutile de tout raconter dans l'ordre de ta vie. Choisis deux ou trois choses qui te rendent un peu unique et qui donneront envie d'en savoir plus.
Un truc tout simple, mais redoutablement efficace : entraîne-toi à voix haute, devant un miroir ou devant tes parents. Tu verras ce qui coince, tu gagneras en aisance, et le jour J les mots viendront tout seuls.
Structurer tes arguments avec des exemples
La vraie différence se joue sur les exemples. Une qualité que tu cites sans la prouver reste une affirmation en l'air ; reliée à une histoire vraie, elle devient convaincante. C'est ce que j'appelle la valeur ajoutée : ce que tu apportes en plus, montré par un exemple. Une petite recette en trois temps marche très bien :
- Une qualité en lien avec l'école : « J'aime travailler en équipe. »
- Un exemple concret qui le prouve : « Pendant mon projet de classe sur le recyclage, j'ai coordonné le groupe et on a mené l'idée jusqu'au bout. »
- Le lien avec l'école : « J'ai vu que vous avez beaucoup de projets collectifs et de clubs, et c'est exactement ce qui me donne envie de venir. »
Une phrase comme celle-là vaut mieux que dix « je suis motivé ». Garde ça en tête pour chacune de tes idées fortes.
Les questions classiques
Certaines questions reviennent souvent : tes qualités, tes défauts, ce que tu aimes à l'école, ce que tu veux améliorer. Tu peux les préparer tranquillement à la maison. Pour les défauts, un conseil : bannis le « je suis perfectionniste », trop banal. Choisis plutôt un vrai petit défaut et montre que tu travailles dessus : « C'est vrai que je suis parfois désorganisé. Du coup, j'ai commencé à noter mes devoirs dans un agenda, et ça m'aide beaucoup. » Reconnaître un défaut et s'améliorer, c'est mûr — à condition que ce soit sincère.
Les deux premières minutes (et le déroulé)
On y est. Tu vas enfin rencontrer l'école. Comme ta préparation est solide, tout va bien se passer. Voici les petits gestes qui font la différence.
- L'entrée : attends qu'on t'invite à entrer, souris, dis bonjour. Ça paraît évident, mais avec le stress on l'oublie parfois.
- L'installation : attends qu'on te propose de t'asseoir. Les règles de politesse comptent autant que tes réponses.
- La présentation : souvent, la personne se présente, t'explique comment va se passer l'entretien, puis te donne la parole. C'est ton moment — celui que tu as travaillé. Évite la présentation plate et chronologique : mets en avant ce qui interpelle.
Une fois lancé, pense à ton langage non verbal. Ta posture, ton regard, ta voix en disent autant que tes mots. Tiens-toi droit, regarde la personne (sans la fixer), parle d'une voix claire et posée. Si vous êtes plusieurs, balaie doucement du regard l'ensemble des personnes plutôt que de t'adresser à une seule. Et n'en fais pas trop : reste toi-même.
Gérer les questions difficiles
Parfois, une question te surprend. Pas de panique : ce n'est pas un piège, juste une façon de voir comment tu réfléchis. Ta meilleure arme reste ta préparation. Si tu as besoin d'une seconde, tu peux demander qu'on te répète la question ou la reformuler : ça te laisse le temps de poser ta réponse dans ta tête. Et si vraiment tu ne sais pas, il vaut mieux le dire honnêtement que d'inventer.
La fin de l'entretien
En général, on te demandera si tu as des questions. Ce n'est pas obligatoire, mais une bonne question montre ton intérêt. Évite ce qui est déjà sur le site ou la brochure. Demande plutôt comment se passe une journée type, la vie en internat, ou un club qui t'attire. Tu peux aussi simplement remercier et redire ta motivation en une phrase : c'est une belle manière de terminer.
Les 5 conseils pratiques de My Student Hub
- Renseigne-toi sur l'école : ses matières fortes, son sport, sa vie de campus — et sache dire en deux phrases pourquoi elle te plaît.
- Prépare ta présentation d'une à deux minutes et entraîne-toi à voix haute, devant un miroir ou tes parents.
- Appuie chaque qualité sur un exemple concret, puis relie-le à l'école : c'est ça, ta valeur ajoutée.
- Anticipe les questions classiques (qualités, défauts, projet) et garde une posture calme : voix posée, regard franc, le dos droit.
- Soigne ton sommeil et ton calme : dors bien la veille, arrive en avance, respire avant d'entrer. Le stress est normal — transforme-le en énergie.
Questions fréquentes
Comment se déroule un entretien d'admission en école secondaire ?
C'est un échange, en présentiel ou en ligne, entre toi et une ou deux personnes de l'école. Elles veulent te connaître au-delà des notes : qui tu es, ce qui te motive, comment tu réfléchis. Souvent, tes parents sont reçus aussi, avant ou après toi.
Comment se préparer à l'entretien d'admission ?
En relisant ton dossier et ta lettre de motivation, puis en préparant quelques exemples concrets qui te ressemblent. Renseigne-toi sur l'école et entraîne-toi à voix haute, devant un miroir ou tes parents. La préparation est ta meilleure arme contre le stress.
Comment se présenter au début de l'entretien ?
Prépare une courte présentation d'une à deux minutes : qui tu es, ce que tu aimes, pourquoi cette école. Pas besoin de tout raconter dans l'ordre de ta vie : choisis deux ou trois choses qui te rendent un peu unique et qui donneront envie d'en savoir plus.
Comment gérer le stress avant et pendant l'entretien ?
Dors bien la veille, arrive en avance, respire calmement avant d'entrer. Si une question te surprend, tu as le droit de demander qu'on la répète : ça te laisse quelques secondes pour réfléchir. Le stress est normal et peut même te donner de l'énergie.
Faut-il poser une question à la fin de l'entretien ?
Ce n'est pas obligatoire, mais une bonne question montre ton intérêt. Évite ce qui est déjà sur le site de l'école. Demande plutôt comment se passe une journée type, la vie en internat ou un club qui t'attire. Tu peux aussi simplement remercier et redire ta motivation.
En résumé
L'entretien d'admission, c'est le moment où ta candidature prend vie. Pas un interrogatoire, mais une rencontre — l'occasion de montrer qui tu es au-delà de tes notes. Le secret tient en un mot : la préparation. Relis ton dossier et ta lettre, prépare une présentation courte, appuie tes qualités sur des exemples vrais, anticipe les questions et soigne ton calme. Le reste, c'est de l'entraînement à voix haute et un peu de confiance en toi. Tu es arrivé jusque-là : tu as déjà fait le plus dur. Respire, sois toi-même, et à toi de jouer.



